La sécurité sanitaire des aliments : une urgence en Haïti

Published On April 8, 2015 | By Radio Tele Fhaeh | Santé

Célébration de la Journée mondiale de la santé

« La sécurité sanitaire des aliments : de la ferme à l’assiette, vous avez tous un rôle à jouer », voilà le thème qui a réuni, mardi, à l’hôtel Royal Oasis, la ministre de la Santé, la première dame de la République, des partenaires étrangers, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des hauts dignitaires et du personnel en santé, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé. Tous les participants se sont mis d’accord sur le concept de « responsabilité partagée » pour favoriser la réduction des aliments impropres à la consommation.

Les aliments sont une source de vie, mais sont également à l’origine de millions de décès par année, particulièrement chez les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes âgées et autres personnes à risque.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les aliments impropres à la consommation sont à l’origine de 2 millions de décès par an dans le monde. « Les aliments contenant des bactéries, des virus, des parasites et des substances chimiques sont responsables de plus de 200 maladies allant de la diarrhée au cancer », a souligné le représentant de l’OMS/OPS en Haïti, le Dr Jean Jude Poncelet.

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé, l’OMS/OPS voulait, cette année, encourager les efforts visant l’amélioration des mesures favorisant la sécurité sanitaire des aliments. Initiative soutenue par Ia première dame de la République, Sophia Martelly, qui fait de la santé son cheval de bataille. « Ce thème a toute son importance, nous sommes ce que nous mangeons », a déclaré la première dame, Sophia Martelly, citant un adage.

« Notre santé est le reflet de ce que nous consommons. Il va de soi qu’une bonne santé commence par une alimentation saine et équilibrée », a poursuivi Mme Martelly, appelant à la responsabilité partagée. « Du jardin à nos assiettes, nous avons tous un rôle à jouer. Nous avons la responsabilité de contribuer à la prévention des pathologies qui découlent de nos habitudes alimentaires. »

En Haïti, beaucoup de maladies tendent à prendre une ampleur alarmante. Les pathologies comme l’hypertension et les maladies cardio-vasculaires sont directement liées à notre façon de manger et d’autres pathologies causées par l’insalubrité des aliments consommés.

Dans les marchés publics haïtiens, les fruits, légumes et viandes sont étalés à même le sol. Aucune norme d’hygiène n’est respectée. Les autorités sont démissionnaires et les consommateurs tolèrent la situation.

Défilant des photos montant l’insalubrité dans laquelle les abattoirs publics fonctionnent, dans sa présentation Power Point, le Dr Max Milien, représentant le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, a rappelé dans son intervention que, durant les années 70 à 84, Haïti exporta de la viande de bœuf aux États-Unis d’Amérique. « A cette période, il y avait certainement des officiers sanitaires qui faisaient le contrôle des aliments. »

En ce 7 avril marquant la Journée mondiale de la santé, la ministre de la Santé, le Dr Florence Guillaume, parle de la nécessité de mener des actions holistiques depuis le producteur jusqu’au consommateur, en passant par les acheteurs et les vendeurs, les autorités pour corriger cette triste situation.

« Il y a donc nécessité de sensibiliser et d’éduquer aux meilleures habitudes alimentaires et encourager l’apprentissage de gestes simples, mais qui font toute la différence », a pour sa part soutenu la ministre de la Santé publique et de la Population, le Dr Florence Guillaume. Et d’ajouter : « Et si nous ne voulons pas continuer à dépenser des montants que dès fois nous n’avons pas, la meilleure façon de se protéger est de prévenir en consommant des aliments sains, génétiquement correct ».

Le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), l’OPS/OMS, en collaboration avec les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement ou encore du Commerce, plusieurs municipalités et d’autres partenaires tels que l’USAID se mobilisent pour favoriser la réduction de l’insalubrité des aliments et l’amélioration de leur qualité sanitaire à travers une série d’activités durant seulement le mois d’avril sur tout le territoire national.

Ces activités ont pour but de partager des recommandations pratiques et de promouvoir des gestes essentiels de prévention pour des aliments plus sûrs. Est-ce qu’un mois suffira pour inciter la population à changer de comportement?

Like this Article? Share it!

About The Author

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *